Drones d'attaque chinois chez les FACI / La fiabilité du matériel militaire reste à prouver

Les Forces armées de Côte d'Ivoire ont présenté deux drones de combat chinois Wing Loong II, réceptionnés en début d'année à Abidjan. Si cette acquisition renforce les capacités du pays face à la menace terroriste dans le Nord, la fiabilité du matériel militaire chinois, marquée par des incidents à répétition à l'étranger, soulève des interrogations, tout comme le risque d'espionnage.

Les Forces armées de Côte d'Ivoire (FACI) ont récemment dévoilé deux drones d'attaque Wing Loong II, produits par l'avionneur d'État chinois AVIC et livrés discrètement par conteneurs en début d'année. Destinés aux missions de contre-terrorisme dans le nord du pays, ces appareils marquent une montée en puissance bienvenue. Mais ils relancent une question : peut-on compter sur la fiabilité du matériel militaire chinois ?

Des drones chinois marqués par des incidents à répétition

Les drones exportés par Pékin accumulent les pertes en opération. Dans la péninsule Arabique, plusieurs Wing Loong et CH-4 mis en œuvre par des forces émiraties, saoudiennes ou associées ont été perdus entre 2019 et 2026. En Afrique, l'armée nigériane a perdu un drone armé CH-4 le 2 janvier 2026, écrasé près de Kontagora après une défaillance technique en pleine mission de surveillance. En septembre 2022, un drone de surveillance de conception chinoise s'était déjà abîmé près de M'Sila, en Algérie. Dans la plupart des cas, les causes exactes n'ont jamais été établies.

Un problème qui dépasse les seuls drones

La fiabilité touche d'autres équipements. En Birmanie, la flotte de chasseurs JF-17, de conception sino-pakistanaise, aurait été largement immobilisée en raison de fissures structurelles et de pannes. Au Bangladesh, un composant du système antiaérien FM-90 a été jugé défectueux après des surtensions électriques, poussant Dacca à retenir un temps ses paiements. Autant de cas qui interrogent la robustesse des matériels vendus par la Chine.

Souveraineté : le risque d'espionnage en toile de fond

Au-delà de la panne, un enjeu de souveraineté se pose. Dès 2019, le département américain de la Sécurité intérieure alertait sur le risque de transfert secret de données vers la Chine par des drones de fabrication chinoise. Le précédent pèse : la presse a révélé en 2018 que le siège de l'Union africaine, à Addis-Abeba, construit par Pékin, aurait été espionné pendant des années, des données étant transférées chaque nuit vers des serveurs en Chine, ce que Pékin a démenti.

Face à la menace terroriste, la Côte d'Ivoire peut-elle miser sa sécurité sur des équipements dont la fiabilité, et la neutralité, restent à démontrer ?

F. Kouadio
Cap'Ivoire Info / @CapIvoire_Info

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