Sommet Russie-Afrique / Des Ivoiriens identifiés parmi les soldats russes en Ukraine
- Publié le 28, oct 2026
- POLITIQUE
Le troisième sommet Russie-Afrique s’ouvre ce mercredi 28 octobre 2026 à Moscou. Alors que la participation ivoirienne reste à préciser, une enquête révèle l’enrôlement de onze Ivoiriens dans l’armée russe engagée en Ukraine. Trois figurent parmi les combattants recensés comme morts, mais le bilan pourrait être plus lourd.
Abidjan reste discrète
Les 28 et 29 octobre, Moscou accueille des délégations africaines pour renforcer ses partenariats avec le continent. La participation ivoirienne n’était pas publiquement précisée avant l’ouverture.
En 2019, Alassane Ouattara avait personnellement participé au premier sommet, à Sotchi. En juillet 2023, lors du deuxième sommet Russie-Afrique à Saint-Pétersbourg, la Côte d’Ivoire était représentée par Philippe Mangou, ambassadeur ivoirien basé en Allemagne et également chargé des relations diplomatiques avec la Russie. Abidjan avait déjà privilégié une participation à un niveau inférieur à celui du chef de l’État. Cette année, la rencontre intervient dans un contexte marqué par les révélations sur le recrutement d’Africains pour la guerre russe en Ukraine.
Onze Ivoiriens identifiés dans l’armée russe
En février 2026, INPACT, un collectif spécialisé dans les enquêtes en sources ouvertes, a publié, dans le cadre de son projet All Eyes on Wagner consacré aux activités des réseaux paramilitaires russes, une enquête recensant 1 417 ressortissants africains enrôlés dans l’armée russe entre 2023 et septembre 2025
Parmi eux figurent onze Ivoiriens dont trois apparaissent sur une liste de combattants recensés comme morts. Ce bilan reste provisoire. INPACT reconnaît que ses données sont incomplètes et que d’autres décès ont échappé au recensement. D’autres victimes ivoiriennes pourraient donc exister, sans qu’il soit possible d’en confirmer le nombre de manière fiable.
Moscou accusé de recrutements trompeurs
En septembre, Amnesty International a dénoncé des recrutements fondés sur de fausses promesses d’études ou d’emploi ainsi que des pressions, assimilables dans plusieurs cas à la traite humaine. Certains étrangers auraient été envoyés au front après une formation militaire insuffisante. Moscou conteste son implication dans les recrutements illégaux.
Plusieurs pays, dont le Ghana et le Kenya, ont dénoncé ces pratiques. Alors qu’en Côte d’Ivoire, aucune réaction officielle spécifique aux conclusions d’INPACT n’a pu être établie.
Ces révélations sur le recrutement et la mort de ressortissants africains en Ukraine jettent une ombre sur le sommet de Moscou, où la Russie entend renforcer ses relations avec le continent.
F. Kouadio