Société Civile / Le Conseil des Apôtres craint l'immixtion de l'Etat dans les affaires religieuses et lance un appel à une concertation générale
- Publié le 19, fév 2025
- SOCIETE
La plateforme du Conseil des Apôtres de Côte d'Ivoire (CACI), a exprimé ses préoccupations concernant l'ordonnance N°2024-368 du 12 juin 2024 relative à l'organisation de la Société Civile. C'était le mardi 18 février 2025 à Abidjan-Cocody où il a partagé ses craintes, avant de faire des propositions.
Cette ordonnance qui fixe les dispositions relatives aux Organisations de la Société Civile (OSC), qui au sens de l'article 2 inclus les associations, les organisations culturelles, les organisations non gouvernementales et les fondations suscite selon l'apôtre Mohamed Sanogo, membre Fondateur du CACI, diverses préoccupations générales et spécifiques de la part du conseil des apôtres de Côte d'Ivoire. Ce sont entre autres :
La méthode et l'adoption parce qu'elle a pris la forme d'une ordonnance plutôt qu'un avant-projet de loi ce qui permettrait une plus vaste consultation. La promotion du genre polysémique imposée, qui peut faire l'objet d'interprétation contraire aux convictions religieuses des OSC culturelles et l'immixtion de l'état dans la gestion des ressources financières des organisations culturelles, qui contreviendrait au principe de laïcité.
Pasteur Marc Zando
Concernant les rapports d'activités à présenter à l'administration territoriale, l'Apôtre Marc Zando, président par intérim du CACI, estime qu’au nom du principe de la séparation des Eglises et de l'Etat, les Eglises n'ont pas à soumettre des rapports d'activités à l'Etat. Ce qui pourrait entraîner des risques d'immixtion de la puissance publique dans l'atteinte des missions des Eglises et dans leur développement. Elles doivent exercer leur office dans le respect de l'ordre public, ce qui constitue l'exigence majeure.
Apôtre Jeanne Monnet
L'apôtre Jeanne Monnet, quant à elle s’est exprimée sur l'intervention des religieux étrangers. Avant d’ajouter que « alors que l'OSC en général est dissoute par décret pris en conseil des ministres, l'OSC culturelle peut être dissoute par simple Arrêté du ministère chargée de l'intérieur, ce qui représente pour le CACI une grave atteinte à la liberté d'expression ».
Député-maire de Tiassalé, Assale Tiemoko
Les pasteurs membres de la plateforme du Conseil des Apôtres se rendent disponibles pour une large concertation visant à enrichir le texte de manière à le rendre plus opérationnel, appellent à l'élaboration d'un texte spécifique pour les organisations religieuses, respectant leurs particularités spirituelles et leur indépendance vis-à-vis de l'Etat.
Eric Aimé Semien, avocat membre de l'OIDH
À cette conférence de presse étaient présents l'honorable député-maire de Tiassalé, Assale Tiemoko et Eric Semien, membre de l'Observatoire Ivoirien des Droit de l'homme en Côte d'Ivoire "OIDH".
Timothé Guei