Marché locatif ivoirien / Abidjan entre forte rentabilité et crise du logement abordable
- Publié le 10, déc 2025
- SOCIETE
À Abidjan, le marché de la location connaît une croissance rapide, alimentée par l’urbanisation, la pression démographique et l’attractivité économique. D’après Housing Finance Africa (2024), 57 % des ménages urbains sont locataires, ce qui place la Côte d’Ivoire parmi les pays africains où la location est la plus répandue.
Le logement meublé y occupe désormais une place centrale. Knight Frank (2024) observe une progression continue de ce segment, soutenue par les besoins des expatriés, des cadres supérieurs et des professionnels mobiles. Les zones de Cocody, Riviera, Marcory et Zone 4 concentrent l’essentiel de cette offre.
Les loyers témoignent de la forte tension du marché. Wise (2025) estime qu’un appartement meublé d’une chambre coûte entre 350 000 et 600 000 F CFA par mois. Les logements de standing peuvent dépasser largement le million de francs CFA. En parallèle, le prix moyen d’acquisition atteint environ 1,6 million F CFA le mètre carré (The African Investor, 2025).
Pour les investisseurs, les rendements sont attractifs: jusqu’à 13 % brut pour les biens meublés bien positionnés. Cette rentabilité explique l’afflux croissant de capitaux privés dans l’immobilier locatif.
Mais cette dynamique a un revers. Oxford Business Group souligne que l’offre en logements abordables reste largement insuffisante. Les ménages modestes sont les premières victimes de la flambée des loyers, accentuant la pression sociale dans certains quartiers.
Le marché locatif ivoirien illustre aujourd’hui un paradoxe fort: une activité florissante pour l’investissement privé, mais un accès au logement de plus en plus difficile pour une grande partie de la population.
F. Kouadio