Décédé brusquement / Le Délégué Général du département de Communication refuse d’être enterré - Ce qui s’est passé à Kiproko1 et Toutouko (Lakota)
- Publié le 03, oct 2022
- SOCIETE
Après son brusque décès survenu le mardi 20 septembre 2022, Ali Toti Menegné Secouane Henri, Délégué Général du département des Sciences de l’Information et de la Communication (SIC) à l’université Félix Houphouët-Boigny de Cocody, a été conduit à sa dernière demeure. C’était le samedi 1er octobre 2022 à Kiproko1, son village natal dans le département de Lakota, 4 mois à peine après le décès de son père.
Compté parmi les 1ers grands enfants de feu son père qui décède, le Délégué Général du SIC devrait être accompagné au lieu de son repos éternel entre 4 et 5 heure du matin, selon la tradition (Fêwa). Mais les choses ne se passeront pas ainsi.
Mystère autour de l’enterrement
Tout allait bien jusqu’au moment où, dans la désolation sa famille universitaire et villageoise l’accompagnait vers sa sépulture, mais contre toute attente une « force a commencé à nous fait changer de destination, le sarcophage tournait en rond jusqu’à désigner une maison », a révélé la famille universitaire qui le transportait.

Signaux Emmanuel (en vert), porte-parole des délégués a rendu hommage à son ‘’frère’’
Ce mystère ne s’arrêtera pas là ! La force inconnue qui faisait bouger le cercueil va conduire les porteurs à Toutouko, un village voisin situé à 9 km de Kiproko1. « Nous ne pouvions pas nous arrêter, c’est comme si nous étions hypnotisés, on a bravé des ponts dans la forêt, le sarcophage même est tombé dans l’eau sur un autre pont et s’est ouvert.
Il a fallu de peu pour que notre ‘’frère’’ tombe dans cette eau. Arrivé dans le village voisin le cercueil après avoir sillonné certaines maisons est devenu lourd, nous l’avons donc déposé. Nous avons essayé de le soulever à nouveau mais nous ne pouvions pas, il est devenu encore plus pesant », ont rapporté les porteurs.
En colère, le mort pleure
À en croire les témoins, le défunt a voulu transmettre un message mais il n’arrivait pas à le faire avec précision. « C’est comme s’il voulait indiquer une maison mais il n’y arrivait pas donc il partait d’un endroit à un autre sans précision. Il est vrai qu’on a pas pu comprendre ce qu’il a voulu nous dire. Mais une chose est sûre, sa mort n’est pas simple », ont-ils rapporté.
Ali Toti Henri ne verra pas son rêve d’être docteur se réaliser
C’est finalement à travers un véhicule de type Kia que le cercueil du Délégué Général a pu être transporté jusqu’à son tombeau, où des larmes qui coulaient de ses yeux ont été aperçues. « Il n’est pas content », s’est écriée la foule après avoir vu Secouane pleurer comme un vivant. C’est finalement vers 11 heures qu’il s’est reposé auprès de son père, enterré il y’a à peine 4 mois.
Ali Menegné Toti Henri reçoit les hommages de ses frères
L’ensemble du collège des délégués, ainsi qu’une délégation de la Fédération Estudiantine et Scolaire de Cote d’Ivoire (FESCI) présente, ont rendu des hommages au défunt par des chants et des témoignages. « Comme vous pouvez le constater, c’est entre 10h et 11h qu’on l’a enterré. Ces situations à la fois mythiques et physiquement difficiles prouvent que c’est douloureux. Oui, nous ressentons une douleur immense car nous avons perdu un proche, un collaborateur, un fidèle lieutenant, c’est dur », a laissé entendre le porte-parole des délégués, Signaux Emmanuel, par ailleurs docteur en Histoire.
A 9km de Kiproko1, les villageois de Toutouko observent avec regret et tristesse les gestes du cercueil de Ali
Pour lui, le décès de Secouane est une grande perte pour le collège des délégués, parce qu’il a été un grand leader. « Même décédé il a été mythique. Vaillant délégué. Il a aidé l’université à se positionner, il est à féliciter, il a combattu le bon combat. Je rends témoignage à ce grand homme qui a tout donné pour le collège des délégués. Délégué de niveau, Délégué général de département, deux fois dans le bureau exécutif, il a beaucoup donné à ses condisciples à l’université Félix Houphouët-Boigny de Cocody », a-t-il rappelé.
Par la voix de Dramé Salia, les étudiants en Communication option Journalisme de la promo 2016 ont traduit un dernier message à leur délégué. « Awouly, tu étais un vrai leader, un garçon. Le fils de la lumière, Al Moutaquin le dictateur, le tout-puissant délégué, ton peuple te pleure, professeur Blé Raoul Germain et le CERCOM te pleurent. Repose en paix », a-t-il dit la gorge étreinte par la douleur.
Un parcours inachevé
Inscrit en Master 2 des Sciences de l’Information et de la Communication (SIC) option Journalisme de la promotion 2016, Ali Menegné Toti Henri Secouane dit fils de la lumière devait déposer son mémoire pour sa soutenance. « Pendant que tu dois soutenir, tu t’en vas ? Notre délégué ne déposera jamais son mémoire et ne soutiendra jamais », a soupiré Dramé Salia.
Toujours au service de son ‘’peuple’’, il était récemment chez le chef de département pour plaider une prorogation de la date des dépôts de mémoire dont le délai était fixé pour ce vendredi 30 septembre 2022.
Le délégué général Secouane repose désormais devant la sépulture de son père, décédé il y a 4 mois
Pour Dramé Salia, le Délégué Général n’a pas pu atteindre l’un de ses objectifs les plus ardents. « Il rêvait d’être docteur en journalisme, mais plus jamais il ne le sera. Secouane ta secrétaire Tchimou Prétence attend que tu l’envoies en mission. Tu es parti trop tôt », a-t-il lâché en pleurs.
Mey, de retour de Lakota