Pêche ivoirienne / Une dépendance aux importations coûteuse et menace sur la pêche locale

En Côte d’Ivoire, la pêche locale peine à satisfaire la demande nationale, tandis que les importations pèsent lourdement sur l’économie. La hausse des prix du poisson, dénoncée par les commerçantes en octobre 2026, ravive les inquiétudes sur l’avenir de la filière. En mer, des chalutiers liés à des intérêts chinois sont accusés de concurrencer illégalement les pêcheurs locaux.

La production nationale couvre seulement 12% des besoins en poisson, selon le ministère des Ressources animales et halieutiques. En 2024, la Côte d’Ivoire a importé plus de 732.000 tonnes de poisson, pour environ 518 milliards FCFA.

Cette dépendance fragilise les marchés. Après les manifestations des commerçantes à Abobo et Daloa, le gouvernement a obtenu, le 22 octobre 2026, une réduction provisoire de 2500 FCFA sur le carton de 20 kg de chinchard et de maquereau.

Des chalutiers accusés de pêche illégale

À Grand-Béréby, des pêcheurs locaux dénoncent les incursions nocturnes de chalutiers dans leurs zones de pêche.

Une enquête publiée en 2021 révélait qu'environ 75% des 130 navires alors recensés dans les eaux ivoiriennes seraient gérés par des sociétés dirigées par des ressortissants chinois, malgré leur pavillon ivoirien.

Ces pratiques présumées soulèvent des questions sur le respect des zones réservées aux pêcheurs locaux, la protection des ressources et l'efficacité des contrôles maritimes.

L’aquaculture face aux défis de la filière

À Layo, près de Dabou, l’entreprise chinoise Ivoir’Aquaculture développe un projet de production de tilapia sur 80 hectares, estimé à neuf milliards FCFA. Mais développer l’aquaculture ne dispense pas les autorités de protéger les pêcheurs locaux contre les pratiques illégales.

La Côte d’Ivoire pourra-t-elle renforcer sa production sans mieux contrôler les navires qui exploitent ses eaux ?

F. Kouadio

77
A lire aussi