Péage de Grand-Bassam / Jean-Yves Esso parle au ministre de l'entretien routier Amédé Kouakou

Dans une lettre ouverte à l'attention du ministre de l’Equipement et de l'Entretien routier de Côte d’Ivoire, Amédé Koffi Kouakou, en date du dimanche 26 juin 2022, Jean-Yves Esso Essis a déploré le coût élevé du péage de l'autoroute de Grand-Bassam. Il a appelé le ministère à revoir sa position, comme la majorité des riverains depuis l’annonce des tarifs de ce péage. Lettre !

Monsieur Le Ministre,

Permettez-nous de vous adresser cette Lettre Ouverte ce jour pour vous signifier le mécontentement des ivoiriens par rapport aux tarifs affichés pour les usagers de la nouvelle autoroute urbaine à péage Abidjan-Bassam.

En effet, rien ne justifie une telle tarification pour cette autoroute.

Monsieur le Ministre,

Au delà de toutes les explications avancées ça et là, essayant de justifier ce coût exorbitant pour les populations déjà en souffrance du fait de la grande cherté de la vie, avançant par exemple que cette autoroute est une autoroute transnationale Abidjan-Lagos "ouverte", nous souhaitons insister sur la réalité suivante : nous sommes bien dans un péage urbain car Bassam fait partie du grand Abidjan et le niveau du tarif est insupportable pour les populations riveraines aux petites et moyennes bourses.

Lire aussi : Côte d’Ivoire / Flambée des prix : les ivoiriens entre soupirs et murmures...

Vous prenez le peuple en otage en lui vidant les poches de ses derniers deniers. Les autoroutes à péages ne doivent pas être construites pour fouiller dans le fond des poches du peuple qu'elles prétendent servir.

Jean-Yves Esso Essis (Ph: DR)

Essentiellement transrégionales ou transnationales, et pratiquement toutes "fermées" permettant des sorties à tous les usagers selon les kilomètres parcourus, les autoroutes à péage dans les pays dit "développés" sont faites essentiellement pour ceux qui privilégient les voies rapides pour aller d'une ville A à une ville B. Chaque péage donne d'ailleurs la possibilité à l'usager de choisir de l'emprunter ou de ne pas le faire, grâce à des voix parallèles. Quand on veut copier les pratiques des pays "civilisés" pour soit-disant le bien-être des populations, il faut le faire jusqu'au bout et pas qu'à moitié, sinon cela s'apparente à de l'arnaque de haut calibre.

Monsieur le Ministre,

Le montant minimum fixé de 1.000 FCFA n'est pas tenable pour les populations. Il faudrait que, comme pour le pont HKB ou l'autoroute du Nord, l'Etat prenne à sa charge une partie des coûts, sous forme de subvention d'ajustement, pour permettre d'afficher un tarif moins élevé aux nombreuses populations vivant à Bassam et travaillant à Abidjan et vice versa ou alors débrouillez-vous pour transformer cette autoroute "ouverte" en autoroute "fermée" en créant des sorties à péage dans chacune des différentes villes qu'elle traverse afin de proposer aux usagers des tarifs différents en fonction des kilomètres parcourus.

Nous constatons malheureusement qu'il n'y a aucun soutien de l'Etat dans le cas du péage de Bassam alors qu'il se justifierait beaucoup plus que pour le pont HKB. Sans aucune explication...

Lire aussi : Le litre d’huile à 1200 Fcfa / Alassane Ouattara rattrapé par sa campagne contre Laurent Gbagbo

Monsieur le Ministre,

Où est l’urgence de ce péage qui vient rendre encore plus difficile le quotidien des Ivoiriens par rapport au service qu’il devrait normalement rendre ? Pourquoi une minorité de privilégiés veut-elle toujours rendre la vie de plus en plus infernale à une majorité de personnes ?

Nous osons croire que les nombreux appels de détresse de vos populations depuis l'annonce des tarifs, ne vous laisseront pas de marbre et que vous saurez réintroduire ce dossier au prochain Conseil des Ministres afin que des décisions allant dans le sens du bien être de vos populations soient immédiatement prises.

Tout simplement.

Recevez nos respectueuses salutations.

Jean-Yves Esso Essis

Citoyen Ivoiroi

(le titre et le chapeau sont de la rédaction)

2200
A lire aussi