Économie ivoirienne / Des femmes aux commandes de secteurs clés mais l’accès aux financements reste un casse-tête

Pétrole, mines, paiement mobile, eau potable, plusieurs secteurs importants de l’économie comptent désormais des femmes à des postes de direction. Fatoumata Sanogo dirige Petroci, Laetitia Gadegbeku-Ouattara représente Endeavour Mining dans le pays, Mariame Touré pilote Orange Money Côte d’Ivoire et Nabintou Cissé dirige la machine de l’eau potable.

Une présence au sommet qui toutefois contraste avec les difficultés d’accès au financement rencontrées par de nombreuses entrepreneures.

Pétrole et mines : des postes longtemps masculins

Depuis juillet 2023, Fatoumata Sanogo dirige Petroci Holding, la société nationale d’opérations pétrolières. Ingénieure pétrole, elle a travaillé notamment chez ExxonMobil, TotalEnergies, Eni et Halliburton avant sa nomination à la tête de l’entreprise publique.

Dans les mines, Laetitia Gadegbeku-Ouattara est directrice-pays et vice-présidente des Affaires publiques d’Endeavour Mining en Côte d’Ivoire. Elle occupe ce poste de directrice-pays depuis 2020. En juin 2026, elle représentait encore le groupe en Côte d’Ivoire lors de la présentation de son rapport d’impact national.

La dirigeante estime à environ 10 % la part des femmes dans le secteur minier ivoirien, avec une présence encore plus faible aux postes de responsabilité.

Orange Money et l’eau potable également dirigé par une femme

Mariame Touré dirige Orange Money Côte d’Ivoire depuis 2020. Le groupe Orange la présente toujours comme directrice générale de sa filiale de paiement mobile en Côte d’Ivoire.

Directrice Générale Adjointe de Ibrahiman Berté à la tête de l'Office National de l'Eau Potable (ONEP) en Côte d'Ivoire, puis intérimaire à la tête de l'institution depuis mai 2026 ; Nabintou Cissé a été Confirmée et officialisée directrice générale le 14 septembre 2026 par le Conseil d'Administration.

Ces parcours témoignent d’une ouverture progressive de fonctions dirigeantes dans des secteurs longtemps dominés par les hommes. Ils ne reflètent toutefois qu’une partie de la réalité économique des Ivoiriennes.

Pour les entrepreneures, le financement reste un obstacle

À Yakassé-Attobrou, dans la région de la Mé, la coopérative CAYAT a mis en place 60 Associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC), dont bénéficient plus de 1 700 femmes. Elles peuvent ainsi épargner et financer de petites activités dans le commerce, l’élevage ou la transformation agricole.

L’accès aux financements classiques reste difficile pour de nombreuses entrepreneures. Le 12 février 2026, la GIZ et le Guichet unique de développement des PME ont lancé une étude consacrée aux solutions alternatives de financement. Garanties demandées, rigidité des prêts et complexité des procédures figurent parmi les obstacles identifiés.

La présence de femmes à la tête de grandes entreprises marque une évolution visible. L’enjeu est désormais de savoir si cette progression atteindra aussi celles qui font vivre les commerces, exploitations agricoles et petites entreprises du pays.

F. Kouadio

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