Accueil de Laurent Gbagbo / Les gestes qui menacent la réconciliation nationale
- Publié le 18, jui 2021
- POLITIQUE
Attendus depuis 2011 par ses partisans, l’Ex-Président de la République, Laurent Gbagbo est rentré de Bruxelles, le jeudi 17 juin 2021 en Côte d’Ivoire.
Si tout semblait aller comme sur des roulettes concernant l’organisation et l’accueil de l’Ex-chef d’Etat, les faits de la journée du jeudi 17 juin 2021 viennent rappeler à tous que le chemin à parcourir pour arriver à la réconciliation est encore très loin. Le nouveau ministre de la réconciliation, Konan Kouadio Bertin, lui-même absent à l’aéroport Félix Houphouët-Boigny, ainsi que tous les autres membres du Gouvernement est signe avant-coureur de la disposition d’esprit des uns et des autres. On peut le dire aisément, chacun est resté campé sur sa position malgré les discussions.

La répression infligée aux militants du Front Populaire Ivoirien (FPI), au sympathisants et autres fanatiques du Président Laurent Gbagbo met à nu la peur bleue du pouvoir Ouattara vis-à-vis de la popularité de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire. En effet, alors qu’aucune information officielle n’interdisait un rassemblement des personnes qui voulaient accueillir Laurent Gbagbo, un fort dispositif de la police et de la gendarmerie nationale a été déployé sur les principales voies, interdisant tous les rassemblements dès 7 heures du matin ce jeudi 17 juin 2021, avec usage de gaz lacrymogène.

A cela s’est ajouté le blocus imposé à plusieurs convois, notamment du Sud-Comoé, qui n’ont pu prendre part à l’accueil et l’agression de quelques militants, sympathisants et partisans à Yopougon et Adjamé. Un scénario qui durera toute la journée jusqu’à la descente de Laurent Gbagbo à 16 heures 21 minutes GMT, alors que le pouvoir avait officiellement dit tout mettre en œuvre pour l'accueil du président Gbagbo.
Cette répression est allée jusqu’à une fouille des téléphones portables de certaines personnes dans l’objectif de supprimer toutes les prises d’image. Même des journalistes ivoiriens, normalement accrédités par le comité national d’accueil, arrivés sur les lieux à 14 heures, ont été refusés à l’aéroport par la police et la gendarmerie. Ils ont été repoussés à coup de force jusqu’à la sortie de l’aéroport. Finalement, ils ont dû quitter l’aéroport FHB à 16 heures 10 minutes, sans y avoir au accès.

Lorsque ses proches lui font le point de la situation et la répression infligée à ses partisans, Laurent Gbagbo refuse d'accéder au pavillon présidentiel accordé par le Chef de l’Etat Alassane Ouattara et embarque pour son QG de campagne de 2010, à Cocody-Attoban, où l’attendaient des milliers de partisans. Finalement ce retour, dans lequel le peuple et certains observateurs de la scène ivoirienne avaient placé beaucoup d’espoir pour la réconciliation nationale, s’est passé dans de très mauvaises conditions faisant toujours craindre le pire, 10 ans après la crise postélectorale de 2010.
Raphael Okaingni