Accès à l’eau potable en Côte d’Ivoire / Progrès réels, disparités persistantes et nouveaux défis

L’eau est un enjeu stratégique pour la Côte d’Ivoire. Bien que les ressources théoriques atteignent 77 milliards de m³, leur exploitation reste limitée par la géographie et les infrastructures. Le Sud, alimenté par un réseau dense de cours d’eau, en bénéficie largement, alors que le Nord fait face à un déficit chronique aggravé par le changement climatique.

Dans les zones rurales, la situation demeure préoccupante: seuls 11,6 % des ménages avaient accès à une eau réellement potable selon des travaux publiés sur ResearchGate. Les populations dépendent encore de puits traditionnels ou de forages manuels, parfois non entretenus.

Les autorités ont cependant multiplié les initiatives. Le MINHAS, l’ONEP et la SODECI travaillent conjointement à l’extension du réseau urbain et à la modernisation des infrastructures. À Abidjan, l’ajout de 886 km de canalisations et de 167 000 branchements subventionnés a permis d’améliorer le service pour 1,5 million de personnes.

Le tournant majeur est intervenu en 2024 avec le lancement d’un programme financé à hauteur de 825 millions de dollars par la Banque mondiale. Il cible la réduction des inégalités régionales, la réhabilitation des barrages et l’amélioration de la qualité de l’eau grâce à de nouvelles stations de traitement. Des infrastructures WASH seront également déployées dans les écoles et centres de santé.

Mais les défis restent importants: réseaux vieillissants, pertes dépassant parfois 50 %, expansion rapide des zones périurbaines et pénuries ponctuelles comme celles observées à Bouaké lors du tarissement de son barrage.

La Côte d’Ivoire avance, mais l’objectif de 95 % de couverture nationale en eau potable d’ici 2025 nécessitera une accélération continue des travaux et une vigilance accrue sur la distribution.

F. Kouadio

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