Insertion professionnelle / Améliorer son employabilité par le biais du bénévolat et du volontariat

SOCIETE Raphael 17/09/2022

Enseignant-chercheur au département de Sociologie et d'Anthropologie à l'Université Alassane Ouattara de Bouaké, Docteur Oussou Kouamé Remi est en charge de l’évaluation et de la supervision des recherches des étudiants. Il a par ailleurs travaillé au Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), en République centrafricaine (RCA), à l'équipe de désarmement, démobilisation et réintégration, de 2009 à 2011 après avoir obtenu un Master en études de la Paix et Relations Internationales à l'Université Chrétienne Internationale (ICU) de Tokyo au Japon (2007-2009), grâce à une subvention de la Fondation Rotary International. Il invite les étudiants à améliorer leur employabilité par le biais du bénévolat, une source d’acquisition d’expérience pour une bonne insertion professionnelle.


En l’absence d’opportunités formelles d’apprentissage expérientiel pour l’acquisition directe et personnelle de l’expérience de travail tant recherchée par les employeurs, le secteur dit non marchand constitue une opportunité pour l’étudiant. C’est le cas du volontariat et du bénévolat.

En réalité, le bénévolat et le volontariat apparaissent comme des voies indiquées pour accroitre et enrichir ses connaissances, ses expériences et ses compétences, et de surcroît dans un contexte professionnel ou professionnalisé.

Si le volontariat est l’acte par lequel l’on décide, « par sa propre volonté », d’investir une partie de son temps, son énergie et ses aptitudes dans une activité, parfois dans un cadre contractuel, le bénévolat associatif, au contraire, consiste à consacrer « bénévolement (je veux bien) » son temps et ses compétences, sans contrepartie financière, à une activité communautaire ou sociale.

Leur caractère de service gratuit rebute, très souvent, l’étudiant qui, dans ses efforts d’immersion professionnelle, a tendance à les ignorer ou à les négliger.

Lire aussi : Politique d’insertion des diplômés en Côte d’Ivoire / Et si on essayait le modèle japonais ?

Pourtant, sur un marché de l’emploi de plus en plus concurrentiel et une formation supérieure en perte de vitesse, cette forme d’apprentissage demeure la meilleure option, en ce sens qu’elle demeure une occasion irremplaçable pour acquérir de véritables compétences professionnelles, trouver ou découvrir sa vocation et se créer un véritable réseau professionnel qui, en temps utile, peut s’avérer primordial dans la recherche future d’emploi.

En fait, le bénévolat associatif et le volontariat, bien que n’étant pas rémunérés, même si pour le volontariat, il peut exister dans certaines circonstances un contrat et une modeste prime de transport, sont susceptibles de produire quatre (4) types d’impact sur les primo-demandeurs d’emploi.

Premièrement, ce n’est un secret pour personne que le premier facteur rédhibitoire pour les diplômés frais émoulus de l’université, c’est le manque d’expérience professionnelle. Et même si on sait désormais qu’il n’y a pas seulement que le contexte professionnel qui puisse aider à développer les aptitudes et capacités recherchées dans le domaine professionnel, celles acquises dans le milieu professionnel demeurent irremplaçables aux yeux des recruteurs.

Parmi celles-ci, on dénote notamment la capacité d’adaptation, la gestion du stress, le travail en équipe, la capacité à fédérer, le sens de la communication, l’autonomie, la capacité de décision et le sens de l’organisation, entre autres.

Lire aussi : Insertion professionnelle de l’étudiant / Dr Oussou : Voici les véritables agents de développement

Sous ce rapport, le bénévolat et le volontariat peuvent jouer le rôle de succédané et contribuer au développement, non seulement des compétences personnelles et humaines, les fameuses «Soft Skills», mais encore des compétences transversales et transférables, celles qu’il peut faire valoir dans plusieurs domaines de connaissances; ce qui n’aurait pas été le cas s’il n’avait pas eu cette opportunité.

Deuxièmement, il peut arriver que l’engagement bénévole ou volontaire serve à clarifier le projet professionnel étudiant ou à servir parfois de catalyseur à la révélation d’une vocation. Combien de personnes qui, suite à leur participation à une activité de sensibilisation aux règles d’hygiène ont décidé d’embrasser une carrière dans le domaine socio-éducatif ?

Troisièmement, et c’est l’un des points qui a tendance à être négligé, s’adonner au bénévolat ou au volontariat pour l’étudiant contribue à l’amélioration de l’image qu’il a de lui-même eu égard au sentiment d’utilité qui, incidemment, développent son estime de soi et sa confiance en lui-même, outre la satisfaction morale qu’il en retire à l’idée d’avoir été capable, enfin, de faire quelque chose ; toutes qualités qui valorisent un CV.

Lire aussi : 5e Rencontres musicales africaines / De grandes choses en vue pour les professionnels à Ouaga

Enfin, et non des moindres, s’engager dans le bénévolat ou le volontariat pendant qu’on est encore étudiant permet de se constituer un réseau relationnel et/ou de soutien qui peut s’avérer extrêmement utiles lors de la recherche du premier emploi.

Dr Oussou Kouamé

Articles Récents

Articles Populaires