Semaine internationale des archives / Etat des lieux chaotique pour la Côte d’Ivoire

La célébration de la semaine internationale des archives 2021 a été marquée, le mercredi 9 juin en Côte d’Ivoire, par une conférence publique autour du thème « La contribution des archives à la bonne gouvernance des organisations et de l’Etat ».

Organisée par l’Association pour la Promotion des Sciences de l’Information Documentaire (APSID) en Côte d’Ivoire, à l’auditorium de la bibliothèque nationale, cette journée de l’archivistique visait à faire un bilan de l’existant, en vue d’une projection pour le futur. Pour le chef du service de la documentation et des archives à l’Assemblée nationale, Koné Adama, par ailleurs président de APSID, cette semaine des archives revêt un intérêt particulier dans le monde entier et surtout en Côte d’Ivoire où ‘’la situation des archives n’est pas du tout bonne’’.

« Le pays se développe mais les archives ne sont pas bien exploitées et quand on regarde on se rend compte que les défis sont multiformes. A travers une telle journée c’est de mobiliser toute la communauté archivistique pour réfléchir à comment faire en sorte que les archives puissent jouer véritablement leur rôle de contribution à la bonne gouvernance et à une meilleure gestion des choses de l’Etat », dit-il.

Conférencier du jour, l’Ex-préfet d’Abidjan, Vincent Irié Toh Bi, a argumenté son propos en trois phases, à savoir l’état des lieux, la situation des personnes travaillant dans le domaine et les perspectives d’avenir. Il a d’ailleurs décrié l’état dans lequel se trouvaient les Procès-Verbaux (PV) de l’élection présidentielle de 2010 au moment de sa prise de fonction en 2014. Une élection qui avait pourtant couté officiellement 3000 morts à la Côte d’Ivoire au terme de la crise postélectorale de 2010-2011.

« Les archives sont une partie importante de l’histoire de nos états, mais également de nos sociétés. C’est là que nous avons nos mémoires, c’est là que nous avons les sciences élaborées, toute l’expérience de vie qui nous permettent d’envisager notre développement humain et des infrastructure (…) En tant que gestionnaire à un moment donné de ma vie j’ai vu les contraintes liées à la mauvaise conservation des archives. Ces genres de journées permettent d’encourager ceux qui travaillent dans les archives et également d’inciter à des réflexions intellectuelles (…)

Les archives sont là pour témoigner de ce qu’on a fait, de comment nous avons constitué nos états, nos sociétés ; comment nous les avons consolidés et comment nous pouvons travailler dans le sens de nos devanciers pour que cette société soit toujours solide (…) La situation des archivistes est une situation qu’il faut promouvoir. Il faut mettre en valeur votre fonction, inciter les gens à comprendre l’importance des archives », a résumé l’Ex-préfet d’Abidjan.

Raphael Okaingni

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