Mobilisateur en France / Ahilé Koud'Chaine parle du retour de Laurent Gbagbo

Oby Paul alias Ahilé Koud'Chaine, président du mouvement politique Lutte pour l'Egalité du Peuple Ivoirien (LEPI) est un militant des droits de l'homme en Afrique. Activiste, sympathisant du Président Laurent Gbagbo, il se défini comme membre GOR (ndlr : Gbagbo Ou Rien). A la veille de l’arrivée du Président Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire, ce jeudi 17 juin 2021, il interpelle.

Vous avez été des premières loges de la mobilisation au niveau de l’Europe, quand il était question de soutenir le Président à la Haye. Sur quoi comptiez-vous, alors que l’issue du procès n’était pas certaine ?

Nous comptions sur la manifestation de la vérité et la justice. Nous comptions sur Dieu. Nous connaissions déjà l'issue du procès parce que nous sommes dans la vérité et c'est cela qui nous a motivé à continuer le combat jusqu'aujourd'hui. C’était un procès politique suivi par le monde entier. La Cour Pénale Internationale avait elle aussi sa crédibilité à jouer. Elle ne pouvait donc pas longtemps continuer dans le faux. Nous étions convaincus de la victoire du président Gbagbo à l’élection présidentielle de 2010, alors nous ne pouvions qu'être motivés et persévérants. D’où le slogan, on ira jusqu'au bout. Et nous y sommes.

Aujourd’hui, le président a été libéré. Il sera en Côte d’Ivoire ce jeudi 17 juin. Comment vivez-vous ces instants au niveau de l’Europe ? Comment vous vous sentez à la veille de cet évènement que d’aucuns qualifient d’historique ? 

Ici en Europe notre joie est plus qu'immense, car nous avons démontré et cela servira de leçon à nos descendants que même loin de notre pays on peut réussir à le défendre et l'adage le dit : tu peux quitter ton pays mais ton pays ne te quitte pas. À travers nos messages depuis la diaspora, nous avons redonné beaucoup de courage aux ivoiriens, nous ne pouvons qu'être fiers de notre constance et assiduité dans le combat de libération. Alors lorsque ce travail paye, on ne peut que se réjouir.

Cet événement est vraiment historique car nos adversaires avaient prédit que personne ne pouvait revenir de la CPI. Alors pour eux, tout était déjà planifié pour que le président Gbagbo ne s'en sorte pas. Mais contre toute attente, leurs plans ont échoué. Le Président est acquitté, le voilà de retour.

En Côte d’Ivoire, des voix se lèvent contre cette libération et l’accueil triomphal en préparation. Craignez-vous des troubles ? 

En Côte d'Ivoire, les voix qui s'élèvent sont en réalité celles des voyous, car lorsque l'une des plus grandes juridictions (CPI) donne un verdict, ce ne sont pas les plus petites qui peuvent le contester. Monsieur Alassane Ouattara s'en était déchargé en confiant le jugement du président Laurent Gbagbo à ces juges de la CPI en leur envoyant plus de 88 témoins à charge et a poursuivi pour dire que la justice fera son travail. Le travail a été fait et le résultat est bien connu. Pourquoi donc chercher à créer d'autres problèmes alors que tout est réglé. Il ne devait logiquement pas y avoir de trouble à moins que le pouvoir Ouattara l’autorise, et ce serait dommage. Si nous sommes tous dans une dynamique de paix, tout devrait bien se passer, car le Président Laurent Gbagbo nous a donné instruction de ne répondre à aucune provocation. Alors ce 17 juin sera un jour de fête sans orage.

Maintenant que le combat au niveau de la CPI est loin derrière vous, quelles seront les implications du retour de Laurent Gbagbo dans le schéma de la réconciliation nationale ? 

Depuis dix ans, Alassane Ouattara a eu le temps de prouver aux ivoiriens qu'il ne peut réussir à les réconcilier, et tous constatons un échec à tous les niveaux. Le Président Laurent Gbagbo est bien réputé pour l'accomplissement de cette tâche, il en a fait les preuves à plusieurs reprises dans les années précédentes, c'est pourquoi aujourd'hui tous les ivoiriens le réclament pour mettre de l'ordre dans le pays. Nous sommes donc d'accord qu'il revienne continuer ce qu’il a commencé. En mot de fin, je voudrais dire merci à Infos d’Ivoire de m'avoir accordé ce moment. J’espère que mon message sera véhiculé dans les différents groupements politiques, afin que nous nous retrouvions tous, à nouveau, autour de notre belle Côte d'Ivoire.

Réalisée en ligne par Raphael Okaingni

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