Interview / Exil, RACI, situation du GPS, présidentielle 2025, Guillaume Soro… Coulibaly Zana parle
- Publié le 30, oct 2021
- POLITIQUE
Coulibaly Zana Lanciné est enseignant de formation, conseiller municipal à titre indépendant à la mairie d’Anyama. A la fois secrétaire général adjoint à l’organisation du RGPS et le régional Abidjan nord, couvrant les zones Anyama, Abobo et Brofodoumé, il est l’un des fidèles de Guillaume Soro. Infos d’Ivoire est allé à sa rencontre pour vous. Interview !

Parlez-nous du RGPS, ses objectifs et ses missions ?
Le RGPS, c’est le Rassemblement des Générations et Peuples Solidaires, dont le siège se trouve à la Riviera Palmeraie. Son ambition première est de travailler pour le maillage territorial, afin qu’au retour de notre leader générationnel, il puisse accéder au pouvoir d’Etat par les urnes. Alors l’objectif clé consiste à porter son excellence Soro Kigbafori Guillaume au pouvoir d’Etat.
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En termes d’implantation, quelle est la position du RGPS dans les zones ? Combien de membres revendiquez-vous ?
En ce qui concerne les implantations, il faut dire que le RGPS se sent bien. Nous sommes partout, dans les différentes régions de la Côte-d’Ivoire. Il serait trop prétentieux de donner des chiffres, parce que nous sommes en construction. Il faut rappelez que c’est à la suite de la trahison du président Soro Kanigui du RACI, que nous avons décidé de mettre en place le RGPS pour éviter tout conflit judiciaires. Donc aujourd’hui le RGPS fait son bonhomme de chemin.

Justement, parlant du RACI. Quels sont aujourd’hui les rapports entre le RGPS et le RACI ?
Il n’y a pas de rapport, parce qu’en politique vous parlez de rapport quand vous partagez les mêmes visions. Pour moi le RACI a décidé de porter sa voix au Président de la République de Côte d’Ivoire, alors que dans les dispositions antérieures et conformément au dernier congrès, il avait été décidé de porter Soro Kigbafori Guillaume à la magistrature suprême lors de l’élection présidentielle de 2020. Partant de là et au vu de la déclaration du président Kanigui, appelant à soutenir la candidature du président Ouattara, nous nous sommes senti trahis. Donc la haute direction qui s’est réunie le 06 octobre 2020 a décidé de la conduite à tenir, d’où notre séparation d’avec le RACI, parce que nous n’épousons plus les mêmes idéologies.
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Etes-vous déçus du président Soro Kanigui ?
Déçu, c’est trop dire. En politique quand on mène une lutte, il y a un objectif et l’objectif fixé était de porter son excellence Soro Kigbafori Guillaume à la magistrature suprême de 2020. Chemin faisant, le président Kanigui, a dû trouvé qu’il était nécessaire de donner la voix du RACI à Alassane Ouattara. C’est son choix, mais un choix dans lequel je ne me reconnais pas. C’est pourquoi je ne le condamne pas, car mon choix c’est Soro Kigbafori Guillaume. Si mon choix n’est pas respecté, en tant qu’homme politique, il me revient de prendre une décision pour porter la lutte selon ma conviction. Cette conviction, c’est de suivre Soro Kigbafori Guillaume.

Avez-vous les nouvelles de votre leader ? Comment se sent-il depuis maintenant deux années qu’il est en exil ?
Parlant de Soro Kigbafori, nous les soroïstes, nous espérons qu’il rentrera de son exil avant les élections à venir de 2025, parce que nous croyons à la justice divine. Car le fait de le maintenir en exil relève d’une volonté politique. C’est à dire que rien de ce qui a été dit sur lui est vrai. Sa vision pour un Etat de droit gênait certains barons du RHDP et c’est la raison pour laquelle il fallait trouver ce mécanisme pour le maintenir en exil, en fabricant ce fameux complot de coup d’Etat. Lors du procès, j’ai pu constater que c’est un procès politique.
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Vous parlez de procès politique, de complot, mais le fait est qu’aujourd’hui Soro Guillaume est poursuivi par la justice ivoirienne. Alors pensez-vous qu’avec toutes les accusations qui pèsent sur lui, il pourra rentrer en Côte-d’Ivoire de sitôt ?
Il est fort. Nous tirons notre énergie à partir de lui et il faut savoir que Soro Kigbafori Guillaume a vécu pire que ça. Il a toujours su relever les défis depuis sa vie estudiantine, il reste un homme de défi. Son nom Kigbafori signifie l’invincible, donc il ne sera pas vaincu. Et pour parler de procès politique, Laurent Gbagbo a été condamné à 20 ans de prison par contumace. Son ministre Koné Katinan a été également condamné à 20 ans de prison par contumace ici en Côte d’Ivoire. Mais ils sont là et ils continuent leur vie politique. D’ailleurs Koné Katinan a été réintégré dans ses fonctions d’administrateur de la Direction Générale des Impôts. C’est l’exemple le plus récent pour dire qu’une décision judiciaire politique reste politique. Nous restons donc sereins pour l’avenir de Guillaume Soro.

Mais comment les militants conçoivent la dissolution du GPS ? Quelle est la posture du GPS sur le terrain ?
Le GPS se sent bien sur le terrain. Je vous ai dit que cette décision est une décision politique, qui vise à briser cette ferveur militantisme des soroïstes afin d’emmener les militants à se décourager. Contraindre une personne en exil n’est pas une première en Côte-d’Ivoire, nous sommes habitués à ces agissements et nous sommes certains que Dieu fera triompher sa justice. Voyez-vous, j’ai mes raisons de dire que c’est une décision politique et nous ne tomberons point dans cette décision pour donner l’impression qu’effectivement notre leader est l’homme à l’origine du coup d’Etat. Parce qu’accepter signifie que nous nous reconnaissons en ce qui est dit et attribué à notre leader, alors que cela n’est pas juste. Sachez aussi que nous continuons de mener nos actions sur le terrain pour implanter les bases, car le dernier message de notre leader nous demande d’occuper le territoire. C’est ce qui est en train d’être fait, ce qui veut dire que nous ne tenons pas compte de la décision politique et judiciaire, car nous travaillons.
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Pensez-vous que le GPS pourra participer aux élections de 2025, avec Guillaume Soro comme candidat ?
En 2025, son excellence Soro Kigbafori Guillaume sera candidat pour le bonheur du peuple ivoirien. Oui, j’en suis sûr et convaincu et nous travaillons pour ne pas être surpris. Car du moment où il nous envoie en mission, cela sous-entend que nous préparons les élections de 2025. Alors soyez rassurez que nous serons de la partie avec le président Soro Kigbafori Guillaume.

Quel appel voulez-vous lancer d’abord aux militants, et ensuite aux gouvernants en ce qui concerne la réconciliation nationale et le retour des exilés ?
Je dirai que la politique est un jeu de dame, le plus fort l’emporte. Si nous comprenons cela, en sachant que dans ce combat il n’y a pas d’adversité, puisque nous partons sur le même pied d’égalité avec les mêmes pions mais c’est celui qui sait user de stratégie qui gagne. C’est ça la politique, car il ne sert à rien de faire souffrir le peuple ivoirien par nos comportements. Il ne sert à rien de donner l’impression qu’on vient en politique pour mentir ou pour comploter pour une fin en soi. Je dis non car la politique, c’est pour le bonheur d’un groupe qu’on souhaite diriger. Cela ne peut pas se faire dans l’adversité, sans qu’il y ait un climat sain. Avant tout la Côte-d’Ivoire est notre bien précieux, qu’il faut jalousement préserver.

Pour une bonne ambiance, le jeu politique doit être mené avec amitié, fraternité, courtoisie. C’est en cela que j’appelle les gouvernants, en commençant par le Président de la République, à laisser rentrer celui-là même qui a travaillé à un moment donné à ses côtés et qui a été apprécié par lui. Le fait de le laisser rentrer participe à la réconciliation et quand la réconciliation est bonne, le pays vit bien et la croissance dont on parle bénéficie au peuple. Que cette décision judiciaire politique soit levée afin que les filles et les fils de la Côte-d’Ivoire se retrouvent pour parler du bien commun qu’est la Côte-d’Ivoire. Que tous les prisonniers politiques soient libérés pour que la Côte d’Ivoire puisse respirer un air nouveau.
Réalisée par Raphael Okaingni, coll Konan K.T