Insertion professionnelle de l’étudiant / Dr Oussou : Voici les véritables agents de développement

Docteur Oussou Kouamé Remi est enseignant-chercheur au département de Sociologie et d'Anthropologie à l'Université Alassane Ouattara de Bouaké, depuis octobre 2012. Par ailleurs, auteur de plusieurs livres dont : « Les déterminants du travail des enfants en milieu rural ivoirien », Editions Jets d’Encre, Paris 2016 ; « L’Afrique en développement. Pistes de réflexions. Tome 1 », Éditions pour Tous, Québec, Canada 2017 ; « D’une décennie à l’autre, Alassane Ouattara et le défi de la gouvernance en Côte d’Ivoire », Editions pour Tous, Québec, Canada 2017 ; « L’Afrique en développement. Pistes de réflexions. Tome 2 », Éditions pour Tous, Québec, Canada 2018 ; « Guide to a Great Career, Universe », USA 2019 ; il est chargé de l'évaluation et de la supervision des recherches des étudiants, en plus d’enseigner des cours de base. Dans cette rubrique ‘’Insertion professionnelle de l’Etudiant’’ qui lui attribué, il donnera les clés d’une insertion réussie. Les véritables agents de développement selon lui.

Il arrive parfois que certaines expressions ne donnent pas une idée de la teneur du sens des mots qu’elles contiennent. C’est le cas du groupe de mots « Agent de développement ».

Dans son acception originelle, l’agent de développement est une «… personne qui administre des programmes visant à promouvoir les investissements industriels et commerciaux dans une région donnée. Elle veille, entre autres, à localiser les sites industriels, commerciaux ou touristiques disponibles» (https://www.monemploi.com/metiers-et-professions/fiche/agent-de-developpement-economique).

D’autre part, il est celui dont le rôle est d’implémenter localement la « politique de cohésion sociale avec l'ensemble des ressources présentes dans un quartier : les habitants d’abord, mais aussi les entreprises, les associations et les représentants de l'Etat» (https://www.imaginetonfutur.com/metier/agent-de-developpement-local.html).

Enfin, il est un vecteur essentiel de la valorisation de la culture locale, la prévention de la petite délinquance et œuvre pour la réinsertion de tous ceux qui recherchent des opportunités d’emploi. Il participe à l’initiation, la conception de projets et la mise en œuvre de projets et programmes de développement. A ce titre, il peut travailler avec des associations socioculturelles et des collectivités locales pour le bien-être des communautés.

Tout aussi inclusives et pertinentes que soient la définition, les composantes et les indicateurs du concept d’agent de développement, il reste que celui-ci ne cerne pas totalement tout le contenu intrinsèque et applicable ; pire on pourrait soutenir avec aplomb que sa définition n’est pas appropriée.

Lire aussi : Rentrée scolaire souriante / La fondation Woroba.net prône l'intégration par l'éducation

En effet, tel que défini, le concept laisse entendre que tout individu qui, ayant tant soit peu côtoyé les sciences humaines et sociales, peut être qualifié d’agent de développement.

Or, lorsqu’on parle d’agent de développement, pour le sociologue que nous sommes, l’idée qui nous vient immédiatement en tête est celle d’une personne qui, de par sa fonction, contribue non seulement à l’acquisition de connaissances et de valeurs, mais encore celle qui apporte des soins de santé de base aux populations.

En réalité, si on part du postulat que le développement économique et social est « …l’ensemble des transformations techniques, sociales, territoriales, démographiques et culturelles accompagnant la croissance de la production », alors il est évident que les secteurs de base comme la santé et l’éducation en demeurent les socles essentiels (http://geoconfluences.ens-lyon.fr/glossaire/developpement-economique). De ce fait, seuls méritent d’être appelés agents de développement les agents et prestataires de santé ainsi que les instituteurs.

D’une part, il faut saluer les maîtres d’école qui ont la lourde charge d’apprendre à lire et à écrire à des enfants vivant dans les campagnes et n’ayant jamais entendu même parler de ce qu’est l’alphabet, mais qui au bout d’une année à peine sauront marmonner leurs premiers mots ou gribouiller leurs premières phrases. Et c’est la somme de toutes ces connaissances et compétences acquises qui contribuera à la production, la productivité, l’innovation et l’employabilité, ingrédients essentiels pour l’amorce du bond qualitatif qu’est le développement. Quelle merveille !

D’autre part, il faut mettre chapeau bas pour tous ces professionnels de santé qui, parfois au péril de leur vie, exercent leur profession en pleine campagne, sans électricité ni eau courante, ayant à peine une maison digne de ce nom pour dormir, mais qui, parce qu’ils aiment leur métier, n’hésitent pas un instant à donner le meilleur d’eux-mêmes pour que les populations soient en excellente santé.

Lire aussi : Congrès de l’UNJCI / Lance Touré se reLANCE et fait des révélations sur le Prix Ebony

On m’objectera que c’est leur manière à eux de participer aux efforts de construction nationale. Peu importe ! Ce qui compte ici, c’est que l’un comme l’autre jouent un rôle fondamental dans la formation et le développement du capital humain qui, selon Stiglitz, est « l'ensemble des compétences et de l'expérience accumulées qui ont pour effet de rendre les salariés plus productifs » (Stiglitz Joseph et alii, 2007. p.190)sans lequel le progrès économique et social tant poursuivi ne peut se déclencher.

Dr Oussou Kouamé

1702
A lire aussi