Feuille de route du Gouvernement 2023 / Tout savoir sur le ministère d’Etat, ministère de l’Agriculture et du Développement Rural

Réuni en séminaire à Yamoussoukro, les 12 et 13 novembre 2022, pour le point de l’action gouvernementale 2022, le Gouvernement a arrêté les grands objectifs de l’année 2023 en fonction des ministères. Infos d’Ivoire vous propose les grands axes des activités à mener par les différents ministères en cette année 2023. Gros plan sur le ministère d’Etat, ministère de l’Agriculture et du Développement Rural.

Le ministère d’Etat, ministère de l’Agriculture et du Développement Rural (MEMINADER) sera chargé de la mise en œuvre et du suivi de la politique du Gouvernement en matière d’Agriculture, de Développement rural, de Promotion de la Riziculture, d’Agro-Industrie et de Recherche Agronomique Appliquée. Dans ce cadre, il vise une agriculture performante et compétitive, rentable pour les producteurs, avec des acteurs organisés en filières, maîtrisant l’ensemble de la chaîne des valeurs et une agriculture soucieuse de la préservation de l’environnement

En effet, les principales réformes au cours de l’année 2023 portent sur la réforme des filières hévéa et palmier à huile, l’élaboration des stratégies nationales de gestion des aménagements hydroagricoles et de mécanisation agricole et la prise de textes d’application de la loi relative au domaine foncier rural.

Poursuite de la réforme des filières hévéa et palmier à huile 

La réforme des filières hévéa et palmier à huile vise à instaurer un cadre règlementaire d’implantation des nouvelles usines, d’encadrer la commercialisation et de créer un mécanisme de fixation des prix. Les activités qui seront réalisées en mars 2023, sont les suivantes :

Un décret sera pris, en vue de définir les règles d’implantation et d’extension des unités de transformation de palmier à huile et hévéa ; Un arrêté sera pris en vue de présenter les nouveaux barèmes de fixation des prix dans les filières hévéa et palmier à huile ; Deux décrets seront pris en vue de mieux connaître les opérateurs exerçant dans l’encadrement et la commercialisation de l’hévéa et le palmier à huile. Le coût de la présente réforme est de 73 millions de Fcfa.

Elaboration des stratégies nationales de gestion des aménagements hydroagricoles et de mécanisation agricole 

La stratégie nationale de gestion des aménagements hydroagricoles et de mécanisation agricole sera disponible au 4e trimestre 2023. Le Coût de la réforme est de 150 millions Francs CFA.

Prise de textes d’application de la loi relative au domaine foncier rural 

Au total, sept (07) textes devront être pris pour la mise en œuvre de la présente réforme. Il s’agit de : Le décret relatif à la procédure d’immatriculation des terres rurales sera disponible en février 2023 ; Le décret modifiant l’article 1 du décret n°2014-28 du 22 Janvier 2014 portant déclaration d’utilité publique des abords de l’autoroute Abidjan-Yamoussoukro sera disponible en février 2023 ; Le décret relatif aux conditions et modalités de contractualisation des terres du domaine foncier rural y compris celles dépourvues de certificats fonciers sera disponible en mars 2023 ; Le décret concernant la procédure de constatation des terres sans maîtres du domaine foncier rural sera disponible en mars 2023 ;

Le décret relatif aux modalités d’inscription sur la liste d’agrément des Opérateurs Techniques pouvant effectuer les opérations de délimitation des territoires des villages et des biens fonciers du Domaine Rural, sera disponible en avril 2023 ; Le décret relatif aux modalités de réalisation et de présentation des cartes des territoires de villages et des plans des biens fonciers du domaine foncier rural, sera disponible en avril 2023 ; Le décret concernant le renouvellement des membres du Conseil de Surveillance de l’Agence Foncière Rurale (AFOR) sera disponible en février 2023. Le coût total de cette réforme est de 80 millions de FCFA.

Projets majeurs pour l’année 2023

Face aux nouveaux défis auxquels doit faire face le secteur agricole, notamment les chocs et les crises de diverses natures, le ministère d’Etat, ministère de l’Agriculture et du Développement Rural tenant compte des objectifs du Gouvernement, a adopté une approche visant à améliorer la productivité agricole au niveau de la production vivrière. Nous en avons de trois ordres. Ce sont : les Projets à finaliser en 2023 ; les Projets lancés devant se poursuivre au-delà de 2023 ; et les Projets à lancer en 2023.

1. Projets à finaliser en 2023

En matière de production semencière : Un opérateur privé (sans financement Etat) sera installé à Touba pour la production de 140 tonnes de soja en 2023 sur une superficie de 70 ha ; Un opérateur privé (sans financement Etat) sera installé à Odienné pour la production de semences maraichères et céréalières à Odienné en 2023 et pour une production pérenne à partir de 2024 ; L’usine de MAISADOUR sera installée en 2023 pour la production à grande échelle de variétés de semences améliorées de maïs. Pour rappel, cette entreprise a déjà mis en place 4 variétés de semences améliorées de maïs en Côte d’Ivoire ;

600 tonnes de semences de riz seront produites par un opérateur privé déjà installé à Dimbokro en 2023 avec un objectif de 1 500 tonnes à partir de 2024 ; 7 centres de conditionnement de semences seront construits, équipés et opérationnels dans les localités de Yamoussoukro, Man, Odienné, Korhogo, Bondoukou, Agboville, Gagnoa et 4 laboratoires d’analyses seront construits et équipés dans les localités de Yamoussoukro, Man, Korhogo et Bondoukou dans le cadre du Projet de Production et de Traitement de Semences Certifiées de Riz en Côte d’Ivoire, évalué en 2023 à 2,1 milliards de Fcfa dont 600 millions sur le budget et 1,5 milliards financé par la BID. Ces activités seront achevées au premier semestre 2023 ; 500.000 vivo plants de banane plantain seront produits par plusieurs privés déjà installés en 2023 contre 244.000 produits en 2022.

Toute cette production semencière sera appuyée par le Centre National de Recherche Agronomique, une structure sous tutelle du MEMINADER.

En matière de production vivrière : au niveau du PURGA 2, de poursuivre les actions entamées en 2022 afin de disposer d’une production suffisante pour combler les besoins du marché au cours des périodes de pénurie. Les actions initiées en 2022 permettront d’avoir une production de : 50.000 tonnes de riz paddy soit 32.500 tonnes de riz blanchi ; 100.000 tonnes de maraîchers (6 000 ha) ; 155.000 tonnes de manioc ; 4.750 tonnes de banane plantain en culture pluviale sur 475 ha ; 5.250 tonnes de banane plantain en culture irriguée sur 350 ha ; 40.000 tonnes de maïs (10 000 ha). (…)

La production de 5000 tonnes de maraîchers et de 30.000 tonnes de manioc à partir de juin 2023 au titre du Projet d’appui au PSGouv ; L’exécution du projet de mise en valeur de 10 000 ha de bas-fonds pour la production de riz, de maïs, de banane plantain et de produits maraichers permettra de produire au moins : 3000 tonnes de banane plantain par année sur une superficie de 300 ha sous maîtrise de l’eau, le long du fleuve Comoé et des bas-fonds environnants ; 1 000 ha du maraicher dont 100 ha sous tunnel et 900 ha en production à plat de contre saison, qui seront exploitées en 2023. (…)

Plusieurs autres projets contribueront à la production vivrière. Il s’agit du : Projet d’Appui au Développement des Filières Manioc et Maraîcher en Côte d’Ivoire (PRO2M), qui prévoit l’aménagement de 139 ha de périmètres maraîchers au 1er trimestre 2023 dans la région du Tchologo, la réhabilitation de 14,22 ha périmètres maraichers existants au 1er trimestre 2023 dans la région du Tchologo, pour une production totale attendue de 2.000 tonnes ; Projet sur les Filières Agricoles Durables de Côte d’Ivoire (FADCI), sur lequel il est attendu la production de 2500 tonnes de riz, 1200 tonnes de maïs et 3000 tonnes de maraîchers, par 1000 producteurs.

En matière de mécanisation agricole, une usine de montage de machines agricoles sera mise en place par un opérateur privé et un centre de formation sera créé dans les régions des agropoles du Bélier et du Nord, sur financement privé.

En matière de formation agricole et d’accompagnement des producteurs, un opérateur privé démarrera en 2023, la réhabilitation de quatre écoles de l’Institut National de Formation Professionnel Agricole (INFPA), par la mise à niveau des infrastructures, l’introduction de nouvelles technologies, l’amélioration du contenu de la formation et la mise en place de Centre d’Agrégations et de Services au profit des agriculteurs.

En ce qui concerne le lien entre les productions de grains et les autres secteurs tels que l’aquaculture, les résultats suivants sont attendus en 2023 : 3000 ha seront mis en valeur pour disposer d’une production de 6 000 tonnes de soja qui sera utilisée en partie pour l’aquaculture ; 10.000 ha ont été aménagés en 2022 pour la production de maïs dont 3000 ha qui seront mis en valeur par SIPRA en 2023, au profit de la production animale. En 2023, il est donc attendu une production de 18.000 tonnes au niveau de SIPRA pour la production animale ; dans le cadre du PA-PSGouv, cinq unités de transformation du manioc seront installées notamment pour la production de farine, qui servira à l’alimentation humaine et à la production animale.

En matière de transformation des produits agricoles : Le Conseil du Coton et de l’Anacarde conduira les travaux d’aménagement des zones dédiées à la transformation de l’anacarde (Korhogo, Bondoukou, Séguéla) dans le cadre du projet Bird Enclave se poursuivront également ; En 2023, les zones agro-industrielles de Korhogo et Bondoukou seront achevées (100%) et celle de Séguéla réalisée à 60%. Le projet est évalué à 30 milliards de FCFA et financé par la Banque mondiale.

2. Projets lancés devant se poursuivre au-delà de 2023

L’ensemble des projets en cours au niveau du MEMINADER se poursuivront en 2023, en s’inscrivant dans la logique ci-dessus. En matière de production vivrière : Les barrages de Solomougou et Tchaloni réhabilités dans le cadre du Projet sur les Filières Agricoles Durables de Côte d’Ivoire (FADCI) permettront d’emblaver respectivement 735 ha et 283 ha sous maîtrise de l’eau, pour une production attendue de 5200 tonnes de riz, 2400 de maïs et 6100 tonnes de légumes en 2024. Sur un coût total de 40,5 milliards de FCFA entièrement financé sur le C2D, le montant envisagé en 2023 est de 14,5 milliards de FCFA. A fin 2023, le projet passera de 72 à 90% de taux d’exécution ; Trois barrages seront réhabilités à Subiakro, Assokoyaodiékro et Bindressou dans le cadre du Projet de Pôle Agro-Industriel du Bélier (2PAI Bélier). Par ailleurs, 200 ha de terres seront aménagés au cours de l’année 2023 pour la production maraîchère et vivrière ; Dix (10) sites de périmètres maraîchers d’une superficie totale de 100 ha seront réhabilités dans le cadre du Projet de Renforcement des Moyens de subsistance des Petits Exploitants et des Femmes dans la région du N’Zi (PREMOPEF), pour une production attendue pour 2024. Le montant envisagé pour l’année 2023 est de 3,2 milliards de FCFA sur un coût total de 9,87 milliards. A fin 2023, le projet passera de 3,54% à 31% de taux d’exécution ; Quatre (04) laboratoires du LANADA et du LANEMA seront réhabilités au 2e semestre 2023 pour un coût de 690 090 000 F CFA, les stations de recherche des cultures vivrières (SRCV) et de recherche aquacole du CNRA de Bouaké seront réhabilitées pour un coût de 613 079 000 FCFA dans le cadre du Projet de Développement des Chaînes de Valeurs Vivrières (PDC2V).

En matière de production de rente : Les 10.000 tonnes d’engrais mis à disposition par OCP au profit du Conseil Café Cacao, permettant de couvrir 20 000 ha de plantations cacaoyère, seront remises aux meilleurs producteurs nationaux et régionaux des trois dernières éditions des Journées Nationales du Cacao et du Chocolat ; Dans le cadre du projet Résilience des systèmes cotonniers au nord de la Côte d’Ivoire (RESCO) : quinze (15) cases de stockage de capacité 32 tonnes ainsi que 150 humidimètres seront acquises pour renforcer le contrôle qualité du coton graine. Le coût de ladite activité est de 230.573.000 Fcfa ; Une (1) chaîne HVI (High Volume Instrument) pour le classement technologique de la fibre sera acquise. Le coût de ladite activité est de 600 millions FCFA. (…)

Dans le cadre du projet de Pôle Agro-industriel de la région du Nord (2PAI Nord), l’installation de silos de stockage de grains sera engagée dans la localité de Sinématiali pour une livraison définitive prévue en fin 2024 ; Les travaux des barrages hydroagricoles (Nabyon, Dékokaha) et la réhabilitation de la station de recherche de CNRA sur la mangue de Lataha seront démarrés en 2023.

En matière d’agro-industrie, les activités suivantes seront réalisées : Les travaux d’aménagement des zones dédiées à la transformation de l’anacarde (Korhogo, Bondoukou, Séguéla) dans le cadre du Projet de Promotion de la Compétitivité de la chaîne de valeur de l’Anacarde (PPCA) se poursuivront. En 2023, les zones agro-industrielles de Korhogo et Bondoukou seront achevées (100%) et celle de Séguéla sera réalisée à 60%. Le projet est évalué à 30 milliards de Fcfa et financé par la Banque mondiale (Bird Enclave) ; Dans le cadre du 2PAI Nord, les études pour la construction de l’unité complète de conditionnement et de transformation de la mangue à Sinématiali, seront réalisées et les mesures sociales (purge des droits et Plan d’Actions de Réinstallation) seront mises en œuvre en 2023. En outre, les travaux de viabilisation de la zone (débroussaillage, VRD, assainissement et AEP, électrification, administration) seront entamés pour une finalisation des infrastructures prévue pour 2025.

En matière d’appui à la commercialisation des produits agricoles, les études techniques, environnementales et sociales relatives à la construction des 3 marchés de gros (Abidjan, Abengourou, Daloa), seront conduites en 2023, en vue d’un démarrage des travaux prévu à mi 2024. Le coût des infrastructures s’élève à 84,5 milliards de Fcfa, financé par la Banque Mondiale dans le cadre du PDC2V.

En matière de d’accès au financement, le fonds de développement des chaînes de valeurs pour le financement de micro-projets à hauteur de 3 milliards Fcfa, sera mis en place dans le cadre du projet de Pôle Agro-industriel de la région du Bélier (2 PAI Bélier). Par ailleurs, un mécanisme de financement à coût partagé sera opérationnel dans le cadre du PDC2V.

Pour ce qui est des statistiques sur la production agricole, il est prévu : la réalisation des modules complémentaires du Recensement des Exploitants et des Exploitations Agricoles (REEA) ; la réalisation des enquêtes prix aux producteurs ; l’édition des annuaires statistiques du secteur agricole à partir de données administratives et de données d’enquêtes. Ces trois activités couvrent l’entièreté du secteur agro-sylvo-pastoral et halieutique.

Au titre du foncier rural, dans le cadre du projet d’amélioration et de mise en œuvre de la politique foncière (PAMOFOR) : 117 territoires des villages seront délimités ; 53.400 certificats fonciers et 85.540 contrats fonciers seront produits. Ces activités sont évaluées à 8,66 milliards et sont financées par la Banque Mondiale. (…)

Au titre de la formation des acteurs, les capacités techniques et managériales de 50 PME dans les filières cibles seront renforcées dans le cadre du projet de Pôle Agro-industriel de la région du Bélier (2 PAI Bélier).

3. Projets à lancer en 2023

Deux projets nouveaux seront lancés en 2023. En matière de distribution d’engrais aux paysans dans le cadre du Programme de Production Alimentaire d’Urgence (2PAU-CI /AEFPF), il est prévu : la fourniture de 2279 tonnes de semences de qualité de maïs pour la production de 1.722.702 tonnes de maïs ; de 3539 tonnes de semences de riz certifiées et de haute qualité pour la production de 2.455.330 tonnes de riz ; de 134.449.792 tiges de boutures de manioc pour la production de 6.000.000 tonnes de manioc. Ce programme est financé à hauteur de 99,170 milliards Fcfa sous forme d’appui budgétaire par la

Banque Africaine de Développement. Sur ce montant, il est prévu d’utiliser 65,669 milliards Francs CFA en 2023, pour permettre de passer de 0% à 40% de taux d’exécution.

En matière de gestion de risques agricoles, La mise en œuvre du Projet de développement d’un mécanisme d’assurance indicielle agricole pour la gestion des risques agricole permettra d’assurer par an : 30.000 producteurs de coton ; 10.000 producteurs de palmier à huile ; 600.000 de producteurs de riz assurés. Sur un financement de 12 milliards Fcfa en 2023, le taux d’exécution sera de 20% (prévision de 2,331385 milliards Francs CFA en 2023) ●

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