Festagni / Le commissaire général Eric Ané donne des nouvelles

Eric Ané est le commissaire général du Festival des Arts et de la Culture Agni (Festagni). Hors des projecteurs depuis un moment, Infos d’Ivoire est allé à sa rencontre ce mardi 20 avril 2021 pour faire le point de cette activité culturelle. Interview…

En tant que promoteur d’événement culturel, quel regard portez-vous sur la venue d’un nouveau ministre dans ce département ?

La culture est considérée comme le 5ème pouvoir, chaque changement de gouvernement est l’objet de recadrage de la vision du Président de la République. Nous avons apprécié le travail immense sous le ministre Maurice Bandaman. Aujourd’hui nous enregistrons la venue d’un nouveau ministre, en occurrence une dame, dans un contexte nouveau, avec des défis d’avenir beaucoup plus pressants. Nous lui souhaitons un bon mandat ministériel et espérons que sous sa houlette la culture sera beaucoup plus proche du peuple, parce que l’offre culturelle ne cesse de croitre.

Que pensez-vous de la nouvelle dénomination du ministère qui devient le ministère de la Culture et de l’Industrie des Arts et du Spectacle ?

Nous avons toujours estimé qu’il fallait faire de la culture un pilier du développement durable. Cette nouvelle dénomination du ministère de la Culture et de l’Industrie des Arts et du Spectacle montre la volonté du gouvernement d’élargir le champ de la culture et d’en faire une contribution à l’activité économique du pays, un peu comme le tourisme. Il ne faut plus faire de l’art pour l’art. L’avènement d’internet et du numérique dans le secteur culturel a conduit à un bouleversement des modèles économiques et des comportements de consommation culturelle. D’où la nécessité aujourd’hui de parler du marketing de l’art et de la culture. L’impact économique et social de l’action culturelle s’est accrue. Ce qui justifie la nécessité d’un recadrage ou d’un changement de perspectives pour permettre aux acteurs culturels de mieux exploiter leur potentiel et tirer profit de toute initiative culturelle. Il faut sortir de la vision passéiste de la culture.

Le Festagni est l’un des pionniers des festivals régionaux en Côte d’Ivoire. La pandémie du Covid 19 a mis en veilleuse de nombreuses activités culturelles. Comment l’avez-vous ressenti ? 

Nous avons ressenti douloureusement la venue du Covid 19, qui a impacté plusieurs secteurs d’activités. Et vous comprenez que la culture, qui est perçue comme le parent pauvre, a plus ressenti cette pandémie qui n’a fait que s’accroitre empêchant toute planification d’activité.

Que devient le Festagni et quel bilan faites-vous de cette activité culturelle en pays Agni ? 

Parlant du Festagni, notons qu’une certaine vitalité culturelle est née dans nos régions après son passage. Malheureusement, on a assisté à la baisse de la qualité au profit de la quantité des festivals. L’objectif premier du Commissariat général du Festagni était de faire un festival fédérateur des 7 groupes Agni. Il a dû revoir son positionnement pour s’ouvrir sur d’autres peuples Akan, d’où l’organisation de la dernière édition en pays Atchan. Notre vision était d’organiser un festival Akan en 2020, malheureusement la pandémie est survenue et le festival de transition qui devait avoir lieu à Bétié, autour du thème ‘’Culture et Civisme’’, n’a pu se tenir. Entre temps nous avons été douloureusement frappé par le rappel à Dieu de plusieurs acteurs majeurs dont l’artiste émérite, le doyen Pascal Boni Cantador, le gardien du trône de l’Indénié, ainsi que le roi d’Agnibilékro. Nous sommes au laboratoire et bientôt nous pensons relancer le Festagni et le Festival des Arts et de Culture Akan.

Nous savons que le Festagni a été chaque fois porté par un thème, quel sera donc le thème de cette édition 2021 ?

Effectivement, le Festagni se démarque par son festival thématique et itinérant. Etant donné que l’édition de transition n’a pu se tenir à Bétié, nous comptons reconduire le thème ‘’Culture et Civisme’’, qui pour nous est un thème important et encore d’une extrême actualité.

Par Raphael Okaingni

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